Achat local

Guerre commerciale : 8 gestes simples pour soutenir le Québec

Sac J'achète local Signé Local rempli de produits faits au Québec

Le 22 août, les États-Unis ont imposé un tarif de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens. Le Canada riposte le 8 septembre. Entre les deux, il y a nous : des consommateurs, des travailleurs, des entreprises d'ici qui regardent la partie se jouer sans avoir de siège à la table.

On ne contrôle pas ce qui se décide à Washington ni à Ottawa. On contrôle où va notre argent. Et ça, c'est beaucoup moins abstrait qu'on pense : chaque dollar dépensé chez un producteur d'ici paie un salaire ici, un loyer ici, des taxes ici.

Voici huit gestes. Aucun ne demande un sacrifice. Le premier prend trente secondes.

1. Regardez l'étiquette avant de regarder le prix

C'est le geste le plus court de la liste et c'est celui qui change le plus de choses. Devant deux pots de moutarde, retournez-les.

Attention au piège : « Emballé au Canada », « Distribué par » ou une adresse à Montréal sur la boîte ne disent rien sur le lieu de fabrication. Cherchez plutôt le nom du fabricant et la ville où il travaille. Un sceau comme Aliments du Québec est un raccourci commode quand il est là, mais son absence ne prouve rien : la certification demande du temps et de l'argent, et une bonne partie des petits ateliers d'ici ne l'ont jamais réclamée. Une savonnerie de Rimouski reste une savonnerie de Rimouski, sceau ou pas.

Le vrai test tient dans une question : savez-vous qui l'a fabriqué, et où? Quand l'emballage vous donne un nom, un village et un visage, vous êtes rarement au mauvais endroit. Quand il ne vous donne ni l'un ni l'autre, ce n'est pas un hasard non plus.

2. Changez trois habitudes, pas trente

C'est là que la plupart des gens abandonnent : ils essaient de tout remplacer d'un coup et se découragent en deux semaines. Choisissez plutôt trois produits que vous rachetez chaque semaine. Votre café, votre savon, votre bière. Trouvez l'équivalent d'ici une seule fois. Après, c'est automatique et vous n'y pensez plus.

3. Achetez là où le propriétaire habite dans votre ville

Clients à la caisse d'une boutique de produits québécois

Boucherie de quartier, marché public, fromagerie, petite boutique de la rue principale. Un commerce indépendant s'approvisionne beaucoup plus souvent chez des fournisseurs d'ici qu'une grande chaîne, et ses décisions se prennent dans la même ville que vous. Même panier, même budget, mais l'argent fait un tour de plus dans l'économie locale avant de sortir.

4. Prenez vos vacances au Québec

Chute Montmorency près de Québec, destination de voyage au Québec

Le Québec compte 17 régions. La plupart d'entre nous en connaissent trois ou quatre. Avant de réserver le Maine, Old Orchard ou la Nouvelle-Angleterre, essayez ceci : ouvrez une carte et choisissez une région où vous n'avez jamais dormi. Bas-Saint-Laurent. Côte-Nord. Abitibi-Témiscamingue. Gaspésie. Charlevoix. Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Pas besoin de deux semaines de vacances. Une fin de semaine suffit, et c'est là que le geste devient concret : l'auberge, le restaurant du village, la microbrasserie, la boutique d'artisan sur le chemin du retour. C'est de l'argent qui reste dans une région qui en a besoin.

5. Rapportez un produit du coin, pas un souvenir

Le truc de voyage le plus simple qui existe : au lieu de l'aimant à frigo fabriqué à l'autre bout du monde, rapportez quelque chose qui vient vraiment de la place. Un fromage, un gin, un savon, un pot de confiture. Vous repartez avec un vrai souvenir, et un producteur repart avec une vente. Quand le voyage n'est pas possible cette année, notre section Magasiner par région fait la même chose depuis votre salon.

6. À la SAQ, commencez par la tablette d'ici

Vins, cidres, gins, whiskys, bières : le Québec produit aujourd'hui dans toutes ces catégories, et le rapport qualité-prix n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a quinze ans. C'est probablement le changement d'habitude le plus facile de toute la liste. Même magasin, même budget, autre bouteille. Essayez sur trois achats avant de juger.

7. Nommez les entreprises que vous aimez

Table garnie de produits alimentaires faits au Québec

Une petite entreprise d'ici n'a pas le budget publicitaire d'une multinationale. Ce qu'elle a, c'est vous. Quand quelqu'un vous demande où vous avez trouvé ça, nommez-la. Laissez un avis. Partagez sa page. Ça ne coûte rien, ça prend une minute, et pour une entreprise de cinq personnes, ça vaut plus cher qu'une annonce.

8. Quand vous offrez un cadeau, offrez quelqu'un

Un cadeau, c'est un achat qui parle deux fois : à la personne qui le reçoit, et à celle qui l'a fabriqué. Anniversaire, hôtesse, départ à la retraite, remerciement d'employé : ce sont des dépenses que vous allez faire de toute façon. Les faire chez des artisans et producteurs d'ici ne vous coûte pas un geste de plus, seulement un choix différent au moment de cliquer.

Ce qu'il faut dire honnêtement

Acheter local coûte parfois plus cher. Certains produits n'ont tout simplement pas d'équivalent fabriqué ici, et personne ne va remplacer 100 % de son panier. Le boycottage parfait n'existe pas, et se sentir coupable ne fait rouler aucune usine.

Visez 10 % de plus. C'est tout. Si chaque foyer québécois déplaçait un dixième de ses dépenses vers des entreprises d'ici, l'effet serait sans commune mesure avec l'effort demandé. Dix pour cent, c'est atteignable un mardi soir à l'épicerie. Cent pour cent, c'est un vœu.

Et il faut le dire clairement : ce n'est pas contre quelqu'un. Il ne s'agit pas d'en vouloir aux Américains, qui ne décident pas plus que nous des tarifs qu'on leur impose. Il s'agit de se rappeler qu'on a le droit de compter d'abord sur nous-mêmes.

On ne gagnera pas ça dans un bureau

Cette guerre commerciale va se régler dans des salles de négociation où aucun de nous n'est invité. La solidité d'une économie, elle, se construit ailleurs : dans des milliers de décisions ordinaires, semaine après semaine.

Le Québec n'a jamais eu autant besoin des Québécois. Pas dans un élan d'un mois, mais dans un réflexe qui reste. On se serre les coudes, on achète chez nous, on voyage chez nous, et on continue quand la nouvelle aura quitté la une.

Chez Signé Local, on travaille avec des centaines de marques québécoises, de la Gaspésie à l'Abitibi. Si vous voulez commencer quelque part, commencez par votre région.

Découvrir les produits d'ici, région par région

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