Manger local : le potager à peu de frais

La chaleur arrive enfin, le soleil montre de plus en plus le bout de son nez, bien qu’encore timide. C’est le moment où je regarde mes tulipes s’ouvrir et mes pivoines s’élever tranquillement. Pour moi, ce moment précis du printemps rime également avec labourage, repiquage, raclage et pelletage. Les bras un peu mollets d’avoir tant forcé, c’est avec mon coeur de jardinière passionnée que je vous écris aujourd’hui. Bien consciente qu’il n’est pas accessible pour tous de produire sa propre consommation annuelle de légumes, je crois tout de même qu’il est possible de produire les essentiels à peu de frais et dans peu d’espace, en faisant les bons choix.

Repousses

La plupart des légumes et des herbes aromatiques que vous vous procurez au marché peuvent être reproduits à la maison. Toutes les laitues et tous les céleris achetés avec leur pied peuvent être mis à l’eau afin de reproduire leurs racines. Il suffit de plonger le pied à moitié dans l’eau et de le mettre près d’une source de lumière. Ces plants aiment bien la fraîcheur et n’ont pas besoin de la lumière directe du soleil pour croître, un rebord de fenêtre fait très bien l’affaire. Après quelques semaines, vous aurez des repousses sur le pied et des racines en dessous ; vous pourrez alors mettre en terre votre plant pour optimiser sa croissance et votre récolte.

L’ail et les échalotes peuvent subir le même traitement. L’ail produira d’autres bulbes, et ses feuilles peuvent également être utilisées pour vos repas : j’adore les mélanger avec des noix de pin, du basilic et des tomates séchées pour en faire un pesto. Quant aux échalotes, vous pouvez utiliser leur partie verte et les laisser repousser. Les feuilles deviennent plus fades à partir de la septième coupe. Quand même !

Pour ce qui est des herbes, le thym, la menthe et le basilic, entre autres, croissent super bien plongés dans l’eau et près d’une fenêtre. Mais attention : ne les mettez pas en terre, ils faneront dans le temps de le dire sans source de lumière adaptée !

Du début à la fin

Si vous disposez d’un minimum d’espace intérieur et d’un petit budget, vous pouvez produire à l’année longue votre consommation de laitue, d’épinards et de mâche. Vous n’aurez pas besoin d’un tapis chauffant pour faire germer vos semences, ni d’éclairage spécialisé pour les plantes d’intérieur. Vous pouvez très bien vous en tirer avec un terreau sain et des lumières en tube 5T. Quoi de meilleur qu’une salade avec des feuilles fraîchement cueillies ? Pour réussir, vous aurez donc besoin de terreau, de semences des variétés désirées et de contenants bien aérés. Une fois vos semences en terre, il est important de garder le terreau humide tout en permettant une bonne aération. Lorsque vos semences auront germé et commenceront à sortir du terreau, il sera temps de les mettre très près de la source de lumière : 2 pouces maximum. Au fur et à mesure que vos pousses gagnent en hauteur, remontrez la source de lumière, assurant ainsi la croissance normale du plant tout en l’empêchant de s’étioler.

Photo : Tête de courge

Bacs et hauteur

Si vous avez un peu plus de temps et accès à un balcon extérieur, il serait alors possible de faire la culture en bacs. En utilisant votre espace judicieusement, vous pourrez produire une quantité impressionnante de légumes frais !

L’important est d’abord de permettre à votre terreau de respirer : une bonne couche de sable ou de petites roches au fond de vos bacs. De plus, ajoutez du treillis pour utiliser la hauteur disponible. Les plants grimpants tels les concombres et les pois se feront un plaisir de s’étendre et de vous faire un mur de légumes. En bas de ces plants, vous pouvez y aller à votre guise; par exemple, les légumes racines ont besoin de plus de profondeur et produiront moins, vous pouvez alors profiter de la haute productivité des plants de fèves ou de tomates pour planter ces légumes à leur base. Tous les agencements sont permis, à condition de les entretenir !

Photo : Tête de courge

Si aucune de ces options n’est possible pour vous, il vous reste toujours votre producteur maraîcher du coin ou l’entreprise Tête de courge, qui se feront un plaisir de vous fournir leurs meilleures pousses !

Révisé par : Louise Lanctôt

Couverture : Tête de courge

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